INTRODUCTION

       Mouhammad (SAW), sceau des prophètes  Imam des envoyés, est une ‘’ Miséricorde pour les mondes‘’ (S21 V107) et ‘’ le modèle identificatoire ‘’ pour les croyants (S33 V21). Ainsi sa vie est pleine d’enseignements multiples tant sur le plan social que politique.

En fait depuis sa tendre jeunesse jusqu’à son accomplissement total (mort), il fit preuve d’un grand homme social et politique d’où l’objet du présent cours qui a pour but de rappeler les grandes articulations de la vie sociale et politique du prince des envoyés pour en tirer des leçons.    

 

I.   LA VIE SOCIALE DE MOUHAMMAD (SAW)

1.    DE LA NAISSANCE A LA RÉVÉLATION (SA JEUNESSE)

 

Mouhammad (SAW), descendant d’une famille noble (les hachimites, descendant du prophète Ibrahim (A) par Ismaël), est né orphelin de père. A 6 ans sa mère Amina mourut et a 8 ans son grand père Abdul Mouthalib qui l’avait adopté mourut également. Cet enfant blessé dans son amour parental, ne s’est pourtant pas rebellé contre la société ; plutôt il devient consciencieux et laborieux dans une famille nombreuse, celle de Abou Thalib son  oncle. Il apprit ainsi à se débrouiller très tôt en devenant berger, puis agent de commerce.

C’ est là d’ailleurs qu’il fit la connaissance de la noble et riche veuve Khadîdja qui s’offrit à lui en mariage. En fait le jeune Mouhammad était d’une honnêteté avérée et d’une intégrité morale affirmée dans la société Mecquoise si bien qu’on le surnomma ‘’ Mouhammad  Al-Amin ‘’ (Mouhammad le digne de confiance). Cette dignité, Mouhammad la montrait d’abord par rapport à son seigneur dont il avait déjà eu conscience de l’existence et qu’il cherchait maintenant à découvrir (à connaître) ; d’où sa réserve vis-à-vis du programme de la société Mecquoise (il n’a jamais pris part à des activités de perversion ou de barbarie de cette société) et surtout ses retraites de méditation dans le mont Hira. C’est là que lui apparut l’ange Gabriel (A) pour lui transmettre la première révélation coranique pendant le mois de Ramadan (lundi 21 Ramadan ou 10 Août 610 ap.JC ). là, commençait une nouvelle ère de la vie sociale de Mouhammad , l’ère de la prophétie .

 

2 .   DE LA RÉVÉLATION A L’HÉGIRE OU L’ÉPOQUE  MECQUOISE  

    La révélation de la parole de Dieu est la lumière qui est venue éclairer et embellir l’esprit de bienveillance sociale de Mouhammad (SAW) en imprimant sens et orientation à ses gestes .

En effet, face à la barbarie des idolâtres de la Mecque, Dieu lui prescrit la tolérance à travers par exemple les V63 S25 et V34 S41. Ainsi on le vit, face à l’accueil étrange (barbare) de Thaif où les dignitaires avaient mandaté enfants, débiles mentaux et sots à le lapider, Mouhammad (SAW) répondit a la promesse de Allah de punir cette méchanceté en disant :  « ô Seigneur ! Ceux-ci ignorent ce qu’ils font, accorde leur ton pardon si tu n’est pas courrouce contre moi,  je ne redoute rien. En réalité, ta clémence me suffit largement »

C’est là que le seigneur lui répondit à travers le V4 S68 ‘’…Certes tu es d’une moralité imminente‘’. Pendant que Mouhammad (SAW) apportait aux Mecquois (ses frère de sang) le meilleur cadeau (l’Islam) (S41V33), ceux-ci lui réservait méchanceté, persécution et exclusion. Pour le renforcer dans sa position de tolérance par excellence, le Seigneur lui révéla le V34 S41.

Vu sa  résistance à la méchanceté, les Kouraichites décident de le corrompre en lui proposant des propositions de gloires et de fortune dans la société Mecquoise. Aussitôt Mouhammad (SAW) leur offre une leçon d’intégrité inédite en ces termes :

 « ô oncle (Abou Thalib qui servait d’intermédiaire) ! Pour Dieu, s’ils mettent le soleil dans ma main droite et la lune dans ma main gauche pour abandonner cette cause afin qu’Allah la fasse aboutir ou que j’y périsse, je ne l’aurait jamais abandonné ». Ainsi il demeura stoïque face à l’agression des mécréants de la Mecque jusqu’au moment où son seigneur lui donna l’autorisation d’émigrer à Yathrib. Cependant, bien que les Kouraichites le persécutaient pour son message,  il n’avait pas arrêté de lui confier leur dépôts. Ainsi à l’occasion de son exil, Mouhammad fut obligé de déléguer Ali bin Abou Thalib pour remettre ces dépôts aux intéressés après son départ.

 

2     L’ ÉPOQUE  MEDINOISE

            Cette époque se caractérise par l’édification de la 1ère  société fondée sur les principes de l’islam, notamment la fraternité et la solidarité. Ainsi Mouhammad (SAW), l’exemple identificatoire, fit montre d’une  générosité inégalée en ouvrant largement la porte de sa demeure à tous ses disciples. Ainsi pauvres et moins pauvres, parents et amis venaient tous se restaurer chez lui, tant qu’il y avait à manger. Par exemple une fois, alors qu’il avait immolé une brebis et s’était mis à distribuer aux disciples ; après, il interrogea son épouse Aicha sur ce qu'il restait du jugaux de brebis, celle-ci de dire :’’il ne reste qu’une cuisse’’. Et il rectifia en disant qu’ils avaient tout eu (de ce jugaux) sauf la cuisse car ce qui a été distribué est réservé pour l’au-delà.

Sur le plan matrimonial, Mouhammad (SAW) a compati à la détresse de beaucoup de familles endeuillées par les combats (djihad) d’où la multiplicité de ses mariages. En outre il a renforcé ses liens sociaux avec certains compagnons en leur mariant ses filles ; c’est le cas par exemple de Ali bin Abu Thalib (avec Fatumah) et de Ousmane (avec Zeynab et Oummou Khoulsoum). Et dans sa famille, Mouhammad (SAW) était d’une facilité et d’une simplicité nette. Ainsi très proche de ses épouses qu’il les aidait à faire la farine, très amusant pour ses enfants et petits enfants, que Hassane et Ousseine par exemple lui montaient souvent sur les épaules même quand il était en prière. Pour sa fille bien aimée, il lui rendait régulièrement visite et ne cessait de l’honorer lorsqu’elle venait chez lui. Mouhammad (SAW) n’était pas sociable pour les siens (adeptes et parents) uniquement mais il était également proche des adeptes d’autres religions. Ainsi il rendait visite aux juifs et chrétiens de Médine, faisant ainsi preuve de bon voisinage et de civisme.

Au total, Mouhammad (SAW) est resté ‘’une véritable  Miséricorde ‘’ pour ses concitoyens comme pour matérialiser cet enseignement : « Le croyant est celui dont les autres sont en paix (ou en sécurité) par rapport à sa langue et à ses mains » (Hadith) ou cet autre hadith : «  Celui qui ne sait pas faire Miséricorde, il ne lui sera pas fait Miséricorde ».

Toutes ces qualités sociales du prophète (SAW) firent de lui nécessairement un grand homme politique.

 

II.    LA VIE POLITIQUE

La vie politique du prophète Mouhammad (SAW) peut être analysée en trois phases : le début de sa mission, l’édification de sa communauté et l’expansion de son empire.

 

1. LE DÉBUT DE LA MISSION

  En 610 (début de la révélation) Mouhammad (SAW) apparut comme le fondateur d’un parti nouveau, celui de Dieu (Hisboul-lah) face au parti unique d’alors (Hisbouch-chaitâni ), le parti de Satan, le parti de l’idolâtrie et du paganisme. Aussi tous les dignitaires et ce parti obscurantiste se dressèrent contre lui et ses adeptes, les persécutaient et les humilièrent. Cependant, Mouhammad (SAW) ne renonça point à sa mission, en témoigne sa réaction face à la tentative de corruption de Quraich évoquée plus haut.

Au fait il avait entièrement confiance en Allah qu’il s’avait la victoire très proche. Dans tous les cas, il a enduré toute la persécution des Quraichites jusqu’à ce que son seigneur lui permette l’Hégire (l’exil) vers Médine.

 

2.   L’ÉDIFICATION DE LA 1ère  CITE  ISLAMIQUE

A Médine, Mouhammad (SAW) fit une gigantesque œuvre politique : édifier ‘’ la meilleure communauté jamais surgie sur terre ‘’ (S3 V110).

En fait, grâce à ses hautes qualités de leader confirmé, il réussit à fraterniser les Ansars et les Muhadjirunes. Mieux il pacifia la vie entre les 2 grandes tribus Ansars (les Aws et les Khazraj) qui ne cessait de se disputer auparavant. Ainsi apparut une société nouvelle, harmonieuse parce que ‘’purifiée et rendue sage’’ (S62 V2) par la révélation. Et pour ajouter l’utile à l’agréable, Mouhammad (SAW) élabore la 1ère constitution (socio-polique ) pour régir sa cité (Médine). Et cette constitution prenait en compte les droits et devoirs des non-musulmans (juifs et chrétiens) dans la cité. Cette harmonie dans la communauté (musulmane) facilitera l’expansion de l’islam.

 

3.    L’EXPANSION DE L’ISLAM

 Pratiqué à la Mecque dans la clandestinité et la persécution, l’islam devient public à Médine et ne cesse de se répandre. En effet à la suite des batailles de Badr de Ohoud, des Fossés, des coalisées etc.… l’islam s’imposa comme une force dominante dans la région. C’est alors que le prophète ( SAW) adressa des  correspondances aux souverains et princes de la contrée arabique, les invitant à embrasser la nouvelle religion (l’islam). Cela permit ainsi de développer ses relations avec l’extérieur et d’ouvrir de nouvelles portes à l’islam. Le plus grand succès politique du prophète (SAW) fut ici la victoire dans le traité de Houdaybiya en 628 et l’ouverture (la conquête) de la Mecque qui s’en est suivie 2 ans plus tard. L’œuvre d’expansion de l’islam se poursuivit avec les Khalifes ; ainsi l’islam gagna l’Asie profonde, l’Afrique  septentrionale et l’Europe du sud.

  Mouhammad (SAW) Al-Amin était un homme à la grandeur d’âme inégalable. Son seigneur l’avait éduqué de la manière la plus parfaite si bien qu’il devint l’homme le plus intime et le plus amical de tous. Il n’était point renfrogné et n’était point de nature à démentir les autres, il était le plus faible à satisfaire, et le plus simple dans son caractère.

Grâce à toutes ces qualités, les âmes lui étaient proches et les cœurs le chérissaient en tant que leader politique et religieux. Ainsi il aimera son peuple tout entier, malgré l’arrogance des dignitaires Quraychites, à embrasser la religion d’Allah. En somme, il fut et demeure le plus grand homme de tous les temps.

 

     PAIX, BÉNÉDICTIONS ET SALUT SUR CETTE NOBLE CRÉATURE D’ALLAH                                                     

                                                             préparé par : N. BAKAYOGO